Détroit

Détroit est tristement connue pour les différentes crises consécutives qu’elle a subi depuis les années 50 et pour l’exode progressif de sa population. Le taux de criminalité y était également le plus élevé du pays pendant de nombreuses années. On débarque donc là-bas sans trop savoir à quoi s’attendre, on est impatients de découvrir cette ville qui attise notre curiosité depuis longtemps.

On arrive dans le centre-ville de Détroit en fin d’après-midi et on est surpris par la taille de la ville et par l’architecture travaillée des bâtiments. On apprend ensuite que Detroit fût, pendant son âge d’or, surnommée le Paris du Midwest. En 1920, elle était la quatrième ville la plus peuplée du pays.

Certains immeubles du centre sont encore abandonnés mais on sent que le phoenix commence à renaître de ses cendres. On passe devant les tours General Motors qui, construites en 1977, devaient représenter le renouveau de la cité.

On découvre la ville et on a l’impression de se promener dans les rues de Gotham City. On ressent une sorte de grandeur passée, de splendeur perdue.

Le lendemain matin, on part faire de l’exploration urbaine avec Jesse, un photographe local spécialisé dans les clichés des immeubles abandonnés. On embarque donc dans son School Bus  et on part donc, avec quelques autres curieux, découvrir le Detroit laissé pour compte.

Sur la route, Jesse nous montre une grande maison en briques rouges et nous explique qu’il l’a acheté pour $500 à une vente aux enchères il y a un an. Ça paraît incroyable mais la population de la ville a été divisé par trois depuis les années 50 (1 849 568 habitants en 1950 ; 672 795 habitants en 2016). Des quartiers entiers ont donc été désertés et, faute de budget, les bâtiments sont laissés à l’abandon et tombent progressivement en ruines. Dans une tentative de revitalisation de ses quartiers, ces bâtiments sont mis aux enchères par la ville contre une bouchée de pain, certains terrains se vendant même contre un dollar symbolique.

On s’arrête ensuite devant une église désaffectée. C’est étrange, ce n’est pas le genre d’édifice que l’on s’attend à voir abandonné, surtout aux Etats-Unis où 70% de la population est chrétienne et, pour la plupart, pratiquante. On part donc en découvrir les vestiges.

La plupart du mobilier a disparu et les murs sont ornés de graffitis.

On poursuit notre découverte par l’édifice annexe qui était une école avant d’être abandonnée en 1986. L’état de délabrement est donc assez avancé.

On monte ensuite sur le toit et on se rend compte que la nature reprend vite ses droits, les arbres poussent à même le béton.

Prochaine étape, une synagogue abandonnée depuis 2003. D’après Jesse, c’était le QG du Purple Gang , une puissante mafia de Détroit pendant les années 20 et son sous-sol abritait un bar clandestin  pendant la prohibition.

On passe ensuite par l’endroit où ont débuté les émeutes de 1967, dont parle notamment le film Detroit au cinéma en ce moment. Puis, on poursuit notre escapade direction de l’Eastside, quartier chaud de la ville. En entrant dans la zone, Jesse nous prévient qu’ici les panneaux Stop sont seulement des suggestions car le moindre arrêt peut donner lieu à un car-jacking. Il est encore moins conseillé de traîner dans les parages la nuit car les agressions à l’arme à feu sont monnaie courante. On se rend également compte que les règles dans cette ville ont été quelque peu redéfinies. Par exemple, dans le but de limiter les courses de voitures dans les rues de la ville, les autorités ont autorisé les gens à utiliser la piste de décollage de l’ancien aéroport comme piste de dragsters.

On s’arrête finalement devant une école désaffectée depuis à peine un an. C’est la première fois que notre guide y met les pieds, on va donc voir ce que ça donne. Il nous avertit qu’il risque d’y avoir des « scrapers », des gens qui décortiquent les immeubles abandonnés à la recherche de tout ce qui pourrait avoir de la valeur à la revente, cuivre et métaux en particulier. Ils sont parfois armés, on espère donc ne pas en croiser.

On ne croise finalement personne dans l’immeuble. L’école est immense et il reste encore beaucoup de reliques de son passé. On ne peut s’empêcher de ressentir une pointe de mélancolie en imaginant cet endroit rempli d’écoliers. Mais maintenant, l’école est finie.

On apprend ensuite que près de 500 écoles publiques sont aujourd’hui abandonnées dans la région de Détroit.

C’est reparti direction l’ancien siège social d’AMC de l’autre coté de la ville, entreprise qui fournit des systèmes de chauffage à l’industrie automobile. C’est peut-être l’une des dernières fois que le bâtiment sera visité car il est sur le point d’être racheté pour être transformé en prison.

L’endroit est immense, c’est impressionnant.  On se lance donc dans les méandres des couloirs à la découverte de ce vestige de l’industrie automobile.

Ici s’achève notre exploration du coté obscure de Motor City. C’est vraiment une expérience hors-norme de pouvoir découvrir l’histoire de cette ville américaine en visitant les ruines de son riche passé. Si vous passez un jour par Détroit, on vous recommande vivement de partir en exploration avec Jesse (si vous êtes intéressés, cliquez ici).

En quittant la ville, on croise en chemin la Michigan Central Station, une grande gare abandonnée depuis 1988. Encore un édifice qui témoigne du passé glorieux de la cité.

Malgré le fait qu’une bonne partie de la ville soit encore à l’abandon, on sent qu’un vent de renouveau souffle sur Detroit. Les gens reviennent s’installer ici et l’industrie reprend progressivement. Les habitants ont réussi à remettre leur ville sur pied grâce à de nombreuses initiatives collectives.

C’est vraiment pour nous une belle découverte, on reviendra sûrement à l’occasion. Notre route se poursuit maintenant direction Cleveland dans l’Ohio.

2 réflexions sur “Détroit

  1. .Les friches industrielles de cette ville sont tristes,mais la puissance économique du pays lui permettra de rebondir dans un futur proche,n’est-ce pas Donald.

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